La question des chaussures pour une randonnée à Malte revient souvent avant le départ, et elle mérite une réponse plus nuancée que « oui, prenez des chaussures de marche ». Le terrain maltais est essentiellement calcaire, peu élevé, mais irrégulier : les sentiers côtiers, les chemins entre les villages et les itinéraires sur Gozo ou Comino combinent souvent pierres saillantes, passages rocheux et tronçons de route sans trottoir. Le type de chaussure adapté dépend moins de l’île que du parcours choisi.
Le calcaire maltais et ses exigences en termes d’adhérence
Le sous-sol de Malte est presque entièrement calcaire. Cette caractéristique géologique donne à l’île ses falaises caractéristiques et ses sentiers pierreux, mais elle crée aussi une contrainte concrète : le calcaire devient glissant après la pluie, même sur des tronçons qui paraissent plats et accessibles en conditions sèches.
Les sentiers proches des falaises sont particulièrement concernés. La surface rocheuse y est souvent polie par l’érosion et exposée au vent, ce qui amplifie l’effet des intempéries. Une chaussure à semelle lisse, sandales plates ou chaussures de ville, perd une grande partie de son efficacité dans ces conditions.
En période sèche, le même sentier peut sembler praticable avec des chaussures ordinaires. Mais la météo à Malte, surtout en automne et en hiver, peut changer rapidement. Vérifier les prévisions avant chaque sortie n’est pas un conseil de prudence excessive : c’est une donnée de préparation concrète sur ces terrains.
Sentiers côtiers, Gozo, Comino : trois cas où les chaussures de randonnée s’imposent

Tous les itinéraires à Malte ne demandent pas le même équipement. Sur un parcours urbain à La Valette ou Mdina, des chaussures confortables à semelle adhérente sont généralement suffisantes, même si les pavés anciens sollicitent davantage les chevilles qu’un sol plat.
Trois types de parcours posent des exigences différentes :
- Les sentiers côtiers avec passages rocheux : sur ces itinéraires, le sol alterne entre terre compactée, blocs calcaires et zones exposées au-dessus des falaises. Une chaussure montante ou à tige mi-haute apporte un maintien utile, en particulier pour les descentes.
- Les randonnées sur Gozo : l’île propose des itinéraires dans des zones rurales et des reliefs plus marqués qu’à Malte. Les chemins traversent des terrains agricoles et longeant les falaises du nord, où l’adhérence et la robustesse de la semelle font la différence.
- La boucle autour de Comino : c’est le cas le plus tranchant. L’île se parcourt intégralement à pied, sur des chemins de terre et des sentiers rocheux, sans aucun transport disponible sur place. L’itinéraire complet prend environ trois heures. Sur ce type de parcours, une chaussure légère de randonnée n’est pas un luxe.
Chaussures légères ou chaussures montantes : ce que le terrain détermine
Le débat entre chaussure basse et chaussure montante se règle souvent par la durée et le dénivelé du parcours. À Malte, le relief ne dépasse pas des niveaux modestes, ce qui réduit l’argument du dénivelé. Mais la durée de marche et la nature du sol restent déterminants.
Pour une sortie de quelques heures sur un sentier balisé et sec, une chaussure de randonnée légère à tige basse avec une semelle Vibram ou équivalente offre suffisamment d’adhérence et de confort. Elle permet aussi de marcher sur les tronçons routiers que certains itinéraires côtiers intègrent obligatoirement.
Pour une journée complète, un itinéraire combinant plusieurs types de terrain ou une sortie par temps incertain, une chaussure montante imperméable protège cheville et pied sans alourdir le sac. Le poids de la chaussure compte peu sur des distances maltaises ; le maintien latéral sur terrain irrégulier, lui, se ressent.
Les sandales de trekking à semelle structurée occupent une place intermédiaire. Elles conviennent sur des sentiers bien tracés en plein été, mais exposent le pied aux chocs sur les pierres et n’offrent aucune protection en cas de pluie soudaine.
Ce que les itinéraires maltais ne mentionnent pas toujours
Une limite concrète de l’information disponible sur les sentiers maltais : la signalisation sur le terrain reste inégale selon les zones. Certains chemins balisés sur les cartes officielles traversent des propriétés privées signalées par des panneaux « RTO » (Reserved To Owner) ou « Keep Out ». Ces indications doivent être respectées, et les itinéraires peuvent nécessiter un ajustement improvisé sur terrain non préparé.
Cette réalité plaide pour une chaussure robuste même sur des parcours décrits comme faciles. Un détour imprévu sur un chemin agricole non balisé demande plus à la chaussure qu’un sentier côtier aménagé.
Les personnes à mobilité réduite ou se déplaçant avec une poussette trouveront peu de sentiers adaptés hors des zones urbaines. Comino en particulier est décrite comme un terrain accidenté, sans aménagement pour faciliter la progression.
Préparer son sac pour la randonnée à Malte selon la saison
Le choix de la chaussure s’inscrit dans une préparation plus large. Le soleil maltais, même en automne, reste intense pendant plusieurs heures. Une journée de marche expose davantage qu’une visite urbaine, et la protection solaire, l’eau en quantité suffisante et une couche légère contre le vent constituent le complément naturel d’un équipement chaussures bien choisi.
En été, la chaleur oriente vers la chaussure la plus légère possible sans sacrifier l’adhérence. En automne et au printemps, période la plus favorable pour les randonnées à Malte selon les sources de terrain, la polyvalence d’une chaussure mi-saison imperméable justifie son poids dans le sac.
En hiver, les sentiers restent praticables mais les risques liés au calcaire mouillé augmentent, ce qui renforce l’argument pour une chaussure à semelle structurée plutôt qu’une simple chaussure de sport.
La règle la plus utile reste celle-ci : le choix de la chaussure suit le parcours, pas la destination. Identifier l’itinéraire exact, sa durée, son type de terrain et la météo prévue permet de trancher entre chaussure légère et chaussure montante bien avant de boucler la valise.

